Quels sont les méthodes et courants d’éducation alternative ?

Vous avez envie d’offrir une autre éducation à votre enfant que celle qui est communément admise ?

Découvrez des méthodes et courants d’éducation alternative qui favorisent l’autonomisation et l’apprentissage dès le plus jeune âge.

L’éducation alternative, qu’est-ce que c’est ?

L’expression « éducation alternative » regroupe l’ensemble des méthodes éducatives qui se différencient des méthodes conventionnelles. En pédagogie conventionnelle, on considère souvent que l’adulte est supérieur à l’enfant, et on a tendance à priver les plus jeunes de liberté sous prétexte qu’ils peuvent se blesser ou qu’ils sont trop petits pour agir.

À l’école, en général, les enseignants suivent des méthodes et courants traditionnels, laissant peu de place au libre arbitre des élèves. Dans la plupart des foyers, on se fie aux courants classiques où les parents imposent leurs choix à leurs enfants. Mais certains parents et certains établissements appliquent d’autres principes éducatifs. L’avantage des méthodes d’éducation alternative est qu’elles favorisent l’autonomisation et la pensée libre. Parmi ces méthodes :

  • Montessori,
  • Steiner,
  • Freinet,
  • Decroly…

Si ces méthodes restent peu répandues, il existe des établissements scolaires qui se basent exclusivement sur ces pédagogies alternatives pour éduquer les élèves. Dans certaines écoles traditionnelles, ces courants peuvent venir enrichir les principes d’éducation.

Les trois principaux courants d’éducation alternative

Montessori, la plus populaire des méthodes alternatives

C’est en 1907 que le médecin Maria Montessori met en œuvre sa propre pédagogie. À cette période,  la spécialiste crée la Maison des enfants. Elle y accueille des jeunes défavorisés et ouvre sa première classe, où elle applique la fameuse méthode Montessori.

Aujourd’hui, la méthode Montessori est le courant d’éducation alternative le plus célèbre. Plus de 30 000  écoles Montessori seraient présentes dans le monde entier. En France, de nombreuses écoles suivant ce courant existent, en particulier des écoles maternelles et élémentaires. Il existe, par ailleurs, une Association Montessori qui fédère l’ensemble des Montessoriens. Elle fournit des outils et des pistes pour expliquer les principes éducatifs et aider à les appliquer.

Dans ce courant éducatif, on considère que chaque enfant a un potentiel et qu’il est possible de révéler ce potentiel sans contrainte. En fait, il existe différents stades de développement en fonction de l’âge. C’est en tenant compte de ces stades et de leurs particularités que l’on aide les enfants à dévoiler leur potentiel. À chaque stade, il faut utiliser du matériel approprié, s’intéresser au ressenti de l’enfant pour l’aider à acquérir facilement de nouvelles connaissances et à se développer. Les adeptes du courant Montessori laissent beaucoup de liberté aux enfants, nécessaire pour leur autonomisation. L’un des principaux objectifs de ce courant éducatif est de permettre aux enfants d’agir seuls et de penser par eux-mêmes, sans aller à l’encontre de leur rythme naturel de développement.

Vous souhaitez appliquer les principes Montessori en famille ? Tout d’abord, ne contraignez jamais votre enfant. À l’inverse, demandez-lui régulièrement son avis sur ce qu’il souhaite faire, comment il désire s’habiller, ce qu’il a envie de manger… Placez le mobilier, les jouets et les objets de l’enfant à sa hauteur, afin qu’il puisse y accéder quand il le veut. N’hésitez pas à vous procurer du matériel Montessori pour éveiller la curiosité naturelle de votre enfant et l’aider à se développer : balle de préhension pour tout-petit, tour d’observation, parcours de motricité, boîte à formes, à couleurs ou à odeurs…

La pédagogie Freinet, l’éducation alternative française

Ce courant alternatif d’éducation naît lui aussi au début du vingtième siècle, en France, grâce au pédagogue Célestin Freinet. Si le courant Freinet institue des principes éducatifs spécifiques, il engendre aussi un mouvement moderne d’échange, de partage et d’union chez les enseignants.

Concernant l’éducation des enfants, le courant Freinet fait la part belle à la liberté. Les enfants doivent être libres de pratiquer les activités qu’ils veulent, comme ils veulent et quand ils veulent. Ils sont libres de dessiner, d’écrire, de découvrir par eux-mêmes… Si l’on applique la technique Freinet à l’école ou à la maison, on doit donc laisser l’enfant expérimenter par lui-même. D’ailleurs, l’apprentissage d’après Freinet est plus aisé par la libre expérimentation que par la reproduction.

Dans le milieu scolaire, l’application des principes Freinet implique une autorité moindre de l’enseignant par rapport aux élèves. C’est notamment grâce au courant Freinet que l’on abandonne l’estrade du professeur au vingtième siècle.

La méthode Steiner, la plus controversée des éducations alternatives

La méthode Steiner – ou Steiner-Waldorf – naît d’un pédagogue autrichien, Rudolf Steiner. Comme les autres méthodes et courants d’éducation alternative, elle date du début du vingtième siècle. Aujourd’hui, on estime à plus d’un millier le nombre d’écoles Steiner dans le monde.

Dans cette pédagogie, on considère l’enfant comme un tout, avec une tête pensante, un corps et un cœur. Il ne s’agit pas seulement de développer l’intellect, mais aussi d’éveiller toutes les sensibilités des jeunes personnes. Le but est d’en faire des êtres sains de corps, libres et créatifs.

Là encore, la liberté a une place prépondérante. Sur un moment de la journée, les enfants peuvent choisir eux-mêmes leurs activités. Les notions de jeu libre et d’imagination créative sont très importantes dans la méthode Steiner. Les activités artistiques et artisanales ont aussi une grande place dans les journées des enfants, qui doivent développer une intelligence des mains, et pas seulement une intelligence de l’esprit.

La pédagogie Steiner a été vivement critiquée lors de son émergence et continue de faire l’objet de controverses. Les détracteurs évoquent notamment des dérives sectaires, car la méthode Steiner place la spiritualité au cœur de l’éducation avec la nécessité de célébrer la Terre mère, entre autres.

D’autres méthodes et courants alternatifs d’éducation

La pédagogie Decroly, d’origine belge, met l’action au cœur de l’éducation des plus jeunes. Ceux-ci doivent être acteurs de leur apprentissage. Un apprentissage intellectuel certes, mais qui est indissociable du corps biologique et de l’environnement social.

Une autre méthode éducative alternative est la méthode Reggio. Les principes de cette pédagogie ont été instaurés par Loris Malaguzzi et s’appliquent notamment dans les garderies. D’après le pédagogue italien, toute hiérarchie en milieu périscolaire est à éliminer. En outre, il faut privilégier une approche interdisciplinaire pour favoriser l’apprentissage. Il faut aussi permettre aux enseignants de se former eux-mêmes, et privilégier les échanges entre les professionnels et les parents pour enrichir l’éducation des enfants en périscolaire et des tout-petits en halte-garderie.

Conclusion

On le constate, les courants et méthodes d’éducation alternative sont nombreux et tous relativement récents. Ce que l’on peut retenir, c’est que l’enfant y est toujours reconnu comme un individu à part entière, avec son libre arbitre. On remarque que, dans tous les courants d’éducation alternative, la liberté et l’autonomie jouent un rôle déterminant pour un apprentissage réussi et un épanouissement total.

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