Comment Melissa a co-écrit 2 livres et lancé plusieurs projets avant ses 30 ans

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Aujourd’hui, c’est Mélissa, co-fondatrice du collectif Klap et auteure de 2 livres que nous avons interviewé pour Les Pionnières.

Mélissa est entrepreneure et écrit sur son temps libre des ouvrages professionnels. 

Elle nous raconte comment elle a eu la chance de se faire publier deux fois en deux ans et la manière dont elle écrit des livres. Passionnant !

La couverture du premier livre de Mélissa

Salut Mélissa ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs et lectrices ?

Je m’appelle Mélissa, j’ai 32 ans, j’ai une petite fille de 2 ans, je suis entrepreneure et auteure. 

Focalisons-nous aujourd’hui sur l’écriture. Je sais que tu as participé à la rédaction et la publication de 2 livres ? Pourquoi t’es-tu lancée sur ce domaine ?

Effectivement, je collabore depuis 2018 avec les éditions Eyrolles, un éditeur reconnu dans la publication de livres à destination des professionnels.

Eyrolles nous a contactés dans le cadre de mon activité principale. Avec mon associé Vincent, nous avons créé Klap.io, une communauté d’indépendants qui travaillent autour des méthodologies de travail innovantes, notamment le Design Thinking.

Avec notre société, nous organisons des ateliers et des formations, que nous rendons visibles sur les réseaux sociaux mais aussi en publiant du contenu sur la thématique. C’est dans ce cadre qu’Eyrolles nous a repéré comme étant un des acteurs intéressants et pertinents pour répondre à leur besoin.

Les éditeurs de cette maison avaient identifié que le Design Thinking n’avait pas encore été traité en livre de manière pratique, actionnable et au format boîte à outils.

Nous les avons rencontrés, nous avons partagé nos visions et cela a bien accroché. Ils nous ont proposé d’écrire un livre sur le sujet. 

La première étape était de leur proposer un synopsis et un plan sommaire. Ils ont apprécié et on a signé notre contrat d’édition ! 

Je dis on car c’est un projet que l’on a réalisé à plusieurs : avec Vincent mon associé bien sûr, mais aussi avec Yoann, avec qui nous travaillons régulièrement.

C’était assez excitant comme challenge car c’était la première fois que j’écrivais un livre. Je me suis rendu compte que c’était une chose que j’avais secrètement toujours voulu faire.

Deux ans plus tard, on a répété l’expérience sur un sujet proche, sous un format différent avec le Carnet de facilitation, qui selon notre éditeur, est un véritable ovni !

Quelles ont été les premières étapes pour lancer ces projets ?

On s’est un peu lancé avec l’excitation et le regard du débutant. On a découvert les process du monde de l’édition qui sont assez lourds alors que nous avons l’habitude de travailler en agilité dans notre activité.

Concrètement, on a commencé à travailler sur le synopsis pour donner le ton et sur les messages principaux à faire passer dans le livre.

En parallèle, on a cherché le titre pour créer l’univers autour du livre. C’est comme ça que je fonctionne, j’ai besoin d’un début d’identité pour me projeter. C’est fondamental pour que je me lance dans un projet.

Dès le départ, on a appliqué les approches que l’on promeut : l’intelligence collective et le travail de groupe. 

On a brainstormé avec des personnes avec qui on travaille beaucoup ou peu, pour confronter les visions, lors d’un atelier. Grâce à ce dernier, on a pu bien affiner le concept du livre et son contenu.  

On a ensuite soumis un premier document de travail à Eyrolles et on a itéré avec eux sur cette base. Quelques semaines plus tard, on validait un premier titre, les éléments macros du sommaire et la vision. 

On s’est réparti les différentes parties avec mon associé et on s’est vite rendu compte qu’il fallait faire intervenir un troisième coauteur. On a donc pensé à Yoann, un ami avec qui nous travaillons régulièrement. 

Pour avancer sur la rédaction, on organisait un point d’étape hebdomadaire dans lequel on se fixait un objectif à atteindre chaque semaine dans le but de maintenir un rythme, même si nous n’avions pas vraiment de deadline de la part de l’éditeur.

En plus, je trouve que le temps est vraiment une contrainte propice à la créativité !

Pour le 2ème, ça a été la même chose ?

Pas du tout 😉

Je me disais que grâce à ma première expérience d’écriture, je serai mieux armée mais j’ai vécu une aventure totalement différente car ce n’était pas le même format. On a créé un carnet et on n’a pas écrit un livre. 

Un carnet, c’est un objet que l’on doit avoir envie de raturer, de compléter, de malmener et d’emporter partout. 

La deuxième chose, c’est que l’on était cette fois-ci, cinq coauteurs !

Pourquoi autant ? Car c’est un carnet sur la facilitation qui est un sujet assez complexe dans lequel se mêlent des compétences très diverses : connaissance de soi, d’un groupe, comment on accompagne un groupe vers l’atteinte d’un objectif, etc…

C’est à partir de cinq personnes que l’on considère que l’intelligence collective émerge donc c’était nécessaire de travailler avec un groupe de cette taille. 

Où en es-tu aujourd’hui ? As-tu des premiers résultats ? 

Notre premier livre Passez au Design Thinking est sorti en août 2019. 

On est très contents et notre éditeur aussi car il s’est très bien vendu, il figure parmi les meilleures ventes sur cette thématique toutes éditions confondues. 

Il continue 2 ans après à bien se vendre. Il ne s’essouffle pas. Et quelques mois après sa sortie, on a eu la surprise d’apprendre que les droits du livre ont été vendus en Corée !

Le second livre est sorti le 11 mars 2021. Période de covid oblige, nous n’avons pas pu faire la séance de dédicace qu’on avait faite à la librairie Eyrolles pour le premier mais le livre a tout de même eu un très bon démarrage.

Quels ont été les grands obstacles pour ce projet ? 

Je pense que le plus grand obstacle est personnel car je me suis rendu compte qu’écrire un livre de 200 pages est assez difficile. 

Il faut faire le tri dans toute la connaissance et les expériences que l’on a enregistrées depuis des années. Il faut analyser tout cela pour théoriser et reformuler de manière pédagogique.

C’est vraiment une aventure incroyable et un travail génial pour celui qui le fait. 

Le deuxième obstacle, c’est peut-être le fait de ne pas trop être parfait. Au bout d’un moment, il faut arrêter d’écrire. C’est difficile de rendre quelque chose de figé, on n’est jamais sûr d’avoir fait quelque chose de parfait. 

Est-ce que être une femme t’a aidé ou pénalisé ? 

Pour le coup cela m’a plutôt aidé car pour la petite histoire j’étais enceinte lors de la rédaction du livre.

Je ne pouvais plus vraiment assurer mon activité de formation au quotidien, car il faut rester debout toute la journée.

L’écriture du livre est arrivée et a pris le relai de mon activité professionnelle. J’ai eu la chance de pouvoir me poser pleinement sur ce projet. 

Et ce qui est fou c’est que l’on devait rendre la version finale un vendredi et que j’ai accouché le lendemain ! 

Dans tous les cas, c’était agréable, enrichissant et compatible avec mon gros vente à ce moment là !

Si tu avais la chance de faire une chose différemment, qu’elle serait-elle ?

Je pense que j’aurai fait participer plus de contributeurs car c’est enrichissant de croiser les regards et les expériences de personnes aux profils divers.

C’est quoi pour toi être pionnière ? 

C’est être à contre-courant. C’est une personne qui a compris quelque chose que les autres n’ont pas compris et qui peut devenir dans le futur, la norme.

C’est aussi une personne qui est dans l’action, qui est en avance sans le savoir.

Ce n’est pas elle qui s’autoproclame pionnière mais plutôt le temps et l’histoire !

Qui est la pionnière qui t’a le plus inspirée ? 

Je pense à Louisa May Alcott, l’auteure du roman “Les 4 filles du docteur March”.

Elle a écrit des romans assez rapidement et a laissé libre court à son imagination. 

Elle a pris un pseudonyme car elle avait compris qu’à cause de sa confition de femme, elle n’aurait pas le même succès si elle révèlait son vrai patronyme. 

Je l’admire car elle a su contourner le système et ne pas être dans la fatalité. Comme on dit, “il y a toujours moyen de moyenner” !

Si tu étais une héroïne de film ou de roman, qui serais-tu ? 

Je pense à deux héroïnes.

La première est Lagertha, une guerrière viking qui a partagé la vie du célèbre Ragnar Lothbrok car c’est une battante, une combattante, une stratège, la chef de son village et une mère. Elle a un honneur, et une dignité à toutes épreuves. C’est vraiment un modèle de force.

La seconde est Susan Calvin, une héroïne de romans que l’on voit beaucoup dans le cycle des robots de Isaac Asimov. Elle a une capacité à comprendre des choses, une intuition fine d’empathie envers des êtres peu appréciés (les robots) de la plupart des hommes. Elle a une intelligence et une perspicacité impressionnantes. 

Quels sont les 3 principaux moments qui t’ont marqué ou 3 moments qui ont contribué à devenir la personne que tu es aujourd’hui.

Mon arrivée en France car je suis née au Pérou et malgré mon jeune âge (3 ans), je prenais mes marques au Pérou dans une petite banlieue de Lima. J’ai débarqué à 4 ans en France avec les yeux grands ouverts, c’était un choc !

Le second moment c’est la découverte de l’entrepreneuriat. Je me suis à un moment rendu compte que j’avais la capacité de donner vie à mes idées et d’entreprendre. 

Le dernier moment, c’est la naissance de ma fille. Inconsciemment, on parcours un peu toute sa vie. On donne vie à un petit être et on a envie de le protéger, de lui éviter des choses, de lui donner des choses que l’on a pas eu. 

C’est une grosse remise en question mais c’est un être qui est différent de nous. C’est le plus beau projet d’une vie d’élever un enfant !

3 informations inutiles mais intéressantes sur toi ?

Fun cette question !

J’arrive à regarder à la fois avec un œil devant et un œil sur le côté.

J’ai appris le français en regardant les feux de l’amour à la TV avec ma grand mère.

Je suis phobique des souris !

Que ferais-tu si tu n’avais pas peur ? 

Je serai beaucoup plus impulsive car même si je suis tournée vers l’action, je cogite beaucoup, je devrais moins me poser de questions.

Tes prochains projets ?

Partir à l’aventure. 

Où peut-on aller pour en apprendre plus sur toi ? (réseaux sociaux, site web, etc…)

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