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Auto-entreprise, Juridique

Entreprendre en solo: quel statut choisir

Date de publication :

Créer son entreprise est une aventure excitante. Mais avant de trouver ses premiers clients, de lancer son site internet ou de développer son offre, une question essentielle se pose : quel statut juridique choisir ?

Micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU… Les possibilités sont nombreuses et les conseils parfois contradictoires. Certaines entrepreneures passent des semaines à comparer les statuts avant même d’avoir vendu leur première prestation. D’autres choisissent une structure complexe en pensant qu’elle sera plus professionnelle ou plus crédible.

Pourtant, le meilleur statut n’est pas forcément le plus sophistiqué. C’est celui qui correspond à votre situation actuelle, à votre activité et à votre niveau de développement.

Pour une entrepreneure qui démarre seule, qu’elle soit freelance, consultante, créatrice de bijoux, rédactrice web, artisan ou commerçante à domicile, la priorité est souvent la même : tester son marché, trouver ses premiers clients et générer ses premiers revenus sans être écrasée par l’administratif.

C’est précisément pour cette raison que le régime de la micro-entreprise, encore appelé auto-entreprise dans le langage courant, s’est imposé comme le statut de référence pour les créateurs d’entreprise en solo.

Avant de comprendre pourquoi, il est nécessaire d’examiner les différentes options qui s’offrent à vous.

Pourquoi le choix du statut juridique est-il une décision stratégique ?

Le statut juridique influence bien plus que les formalités administratives

Lorsqu’on débute, il est tentant de considérer le choix du statut comme une simple formalité administrative. Après tout, ce qui compte vraiment, ce sont les clients, les produits ou les prestations vendues.

En réalité, le statut juridique influence presque tous les aspects de la vie de l’entreprise.

Il détermine notamment :

  • le mode de calcul des cotisations sociales ;
  • le régime fiscal applicable ;
  • les obligations comptables ;
  • les déclarations administratives ;
  • la possibilité de déduire certaines dépenses ;
  • les perspectives d’évolution futures.

Une consultante RH qui travaille depuis son domicile n’aura pas les mêmes besoins qu’une artisane qui doit acheter des machines ou qu’une commerçante qui gère des stocks.

Pour autant, toutes ont intérêt à choisir un statut cohérent avec leur stade de développement.

Protection sociale, fiscalité et responsabilité : les trois grands critères

Le premier critère à examiner est la protection sociale.

Selon le statut choisi, les cotisations sociales ne sont pas calculées de la même manière et les prestations auxquelles vous avez droit peuvent varier.

Le deuxième critère concerne la fiscalité.

Certains statuts permettent de déduire les charges réelles. D’autres reposent sur des mécanismes simplifiés particulièrement intéressants lorsqu’une activité démarre.

Enfin, il faut tenir compte de la responsabilité de l’entrepreneure.

Depuis la réforme de l’entreprise individuelle, le patrimoine personnel est mieux protégé qu’auparavant. Malgré tout, certaines activités comportant davantage de risques nécessitent une réflexion plus approfondie.

Pourquoi il est inutile de chercher le statut parfait dès le départ

Beaucoup de futures entrepreneures commettent la même erreur : elles choisissent leur statut en fonction de ce qu’elles espèrent devenir dans cinq ans.

Elles créent une SASU parce qu’elles imaginent embaucher rapidement. Elles choisissent une société parce qu’elles prévoient un chiffre d’affaires élevé.

Or, dans la plupart des cas, la première année sert surtout à :

  • tester son marché ;
  • construire son offre ;
  • trouver ses premiers clients ;
  • ajuster ses tarifs ;
  • acquérir de l’expérience.

Le meilleur statut pour une entreprise réalisant 300 000 euros de chiffre d’affaires n’est pas nécessairement le meilleur pour une activité qui débute avec quelques milliers d’euros de revenus.

La simplicité constitue souvent un avantage sous-estimé.

Quels sont les principaux statuts pour créer une entreprise seule ?

La micro-entreprise : le régime préféré des créateurs d’entreprise

Le régime de la micro-entreprise est aujourd’hui le statut le plus utilisé en France pour entreprendre seul.

Il s’agit d’un régime simplifié applicable à l’entreprise individuelle.

Ses principaux avantages sont :

  • création rapide ;
  • formalités réduites ;
  • comptabilité simplifiée ;
  • calcul simplifié des cotisations ;
  • peu de coûts administratifs.

L’entrepreneure déclare simplement le chiffre d’affaires encaissé et paie ses cotisations en fonction de ce montant.

Si elle ne facture rien, elle ne paie aucune cotisation sociale.

Cette logique est particulièrement rassurante lorsqu’on démarre une activité.

L’entreprise individuelle : une évolution naturelle

L’entreprise individuelle classique fonctionne différemment.

Ici, les dépenses professionnelles peuvent être déduites du résultat.

Ce statut devient souvent intéressant lorsque l’activité génère des charges importantes :

  • achat de matériel ;
  • local professionnel ;
  • véhicule ;
  • sous-traitance ;
  • stocks importants.

L’entrepreneure bénéficie alors d’un traitement fiscal plus adapté à une activité déjà développée.

L’EURL et la SASU : créer une société seule

L’EURL et la SASU permettent de créer une véritable société tout en restant seule aux commandes.

Ces structures sont souvent choisies par des entrepreneures qui souhaitent :

  • accueillir plus tard des associés ;
  • séparer davantage leur patrimoine professionnel ;
  • structurer une activité importante ;
  • préparer une croissance rapide.

Elles offrent davantage de possibilités mais impliquent également :

  • des formalités de création plus lourdes ;
  • une comptabilité complète ;
  • des frais d’expert-comptable ;
  • des obligations juridiques supplémentaires.

Pour une activité naissante, ces contraintes doivent être mises en balance avec les avantages réels qu’elles procurent.

Micro-entreprise, EI, EURL ou SASU : comment comparer les différentes options ?

Les chiffres clés à connaître avant de choisir son statut

Avant d’entrer dans les détails, il est utile de connaître quelques seuils qui influencent directement la vie d’une entrepreneure.

CritèreMicro-entreprise prestations de servicesMicro-entreprise commerce
Plafond annuel de chiffre d’affaires83 600 €203 100 €
Franchise de TVA37 500 €85 000 €
Seuil majoré de TVA41 250 €93 500 €

Ces chiffres sont particulièrement importants car ils déterminent deux choses différentes :

  • le maintien dans le régime de la micro-entreprise ;
  • l’obligation ou non de facturer la TVA.

Beaucoup d’entrepreneures confondent ces deux notions.

Or, il est tout à fait possible de rester en micro-entreprise tout en devenant assujettie à la TVA.

C’est même une situation très fréquente dans les activités de conseil, de coaching, de communication ou de formation.

Tableau comparatif des principaux statuts

CritèreMicro-entrepriseEIEURLSASU
CréationTrès simpleSimplePlus complexePlus complexe
ComptabilitéSimplifiéeComplèteComplèteComplète
Déduction des chargesNonOuiOuiOui
TVASelon seuilsOuiOuiOui
Expert-comptable indispensableRarementSouventPresque toujoursPresque toujours
Associés possiblesNonNonOuiOui
Gestion administrativeFaibleMoyenneImportanteImportante

Pour une activité qui démarre, la différence de charge mentale est souvent plus importante que la différence fiscale.

Une entrepreneure qui passe deux heures à remplir des documents administratifs passe deux heures de moins à développer son activité.

Quel statut selon votre profil ?

Prenons quelques exemples.

Une rédactrice web qui travaille depuis chez elle avec un ordinateur et un abonnement internet a très peu de charges professionnelles. La micro-entreprise répond parfaitement à ses besoins.

Une graphiste freelance qui facture des prestations à des PME se trouve dans une situation similaire.

À l’inverse, une artisane qui doit acheter du matériel, louer un atelier ou investir dans des machines peut rapidement trouver un intérêt à déduire ses dépenses réelles.

Une commerçante qui revend des produits physiques doit également surveiller sa marge. Plus les achats représentent une part importante du chiffre d’affaires, plus la réflexion sur le statut devient importante.

Le statut idéal dépend donc autant du modèle économique que du chiffre d’affaires.

La TVA : la limite que beaucoup de micro-entrepreneurs oublient

Pourquoi la TVA est souvent plus importante que le plafond du régime micro

Lorsqu’on parle de micro-entreprise, les créateurs d’entreprise s’intéressent généralement au plafond de chiffre d’affaires.

Pourtant, dans de nombreux métiers, la véritable étape importante intervient bien avant : le passage à la TVA.

Prenons l’exemple d’une consultante en ressources humaines.

Elle facture en moyenne 3 800 euros par mois.

En moins d’un an, elle atteint environ 45 000 euros de chiffre d’affaires.

Elle reste largement sous le plafond de la micro-entreprise fixé à 83 600 euros.

Pourtant, elle dépasse déjà les seuils de franchise de TVA.

Elle doit alors :

  • demander un numéro de TVA intracommunautaire ;
  • faire apparaître la TVA sur ses factures ;
  • déclarer la TVA ;
  • reverser la TVA collectée à l’État.

Son statut reste celui de la micro-entreprise, mais sa gestion administrative devient plus complexe.

Faut-il craindre le passage à la TVA ?

Beaucoup d’entrepreneures vivent ce passage comme une mauvaise nouvelle.

En réalité, tout dépend de votre clientèle.

Si vous travaillez principalement avec des entreprises, celles-ci récupèrent généralement la TVA. L’impact commercial est donc souvent limité.

Si vous vendez directement à des particuliers, la situation est différente.

Deux possibilités existent :

  • augmenter vos prix TTC ;
  • absorber une partie de la TVA dans vos tarifs.

Il est donc préférable d’anticiper cette étape plusieurs mois à l’avance.

Un seuil qui peut arriver très vite

Une coach, une consultante ou une formatrice facturant entre 3 000 et 4 000 euros par mois peut atteindre les seuils de TVA dès sa première année d’activité.

C’est pourquoi il est important de suivre régulièrement son chiffre d’affaires.

La TVA ne doit pas être découverte au dernier moment.

Pourquoi la micro-entreprise est souvent le meilleur choix pour débuter seule

Les avantages qui font la différence au lancement

Lorsque l’on examine objectivement les besoins d’une entrepreneure qui démarre, la micro-entreprise répond à la plupart des problématiques rencontrées.

Elle permet :

  • de lancer rapidement son activité ;
  • de limiter les coûts ;
  • de tester un marché ;
  • de conserver un emploi salarié en parallèle ;
  • d’apprendre progressivement à gérer une entreprise ;
  • de réduire le risque financier.

Cette simplicité constitue un avantage considérable.

L’objectif de la première année n’est généralement pas d’optimiser chaque euro d’impôt. L’objectif est de trouver des clients.

Or, la micro-entreprise permet précisément de consacrer davantage de temps au développement commercial.

Trois exemples concrets

Julie, graphiste freelance

Julie quitte progressivement son emploi salarié.

Elle prévoit un chiffre d’affaires de 20 000 euros la première année.

Ses dépenses se limitent à :

  • un ordinateur ;
  • quelques logiciels ;
  • un abonnement internet.

La micro-entreprise est clairement la solution la plus pertinente.

Sarah, créatrice de bijoux

Sarah vend ses créations sur Etsy et sur les marchés artisanaux.

Elle réalise 35 000 euros de chiffre d’affaires annuel.

Ses achats de matières premières restent raisonnables.

La micro-entreprise lui permet de se concentrer sur ses ventes sans supporter une lourde gestion administrative.

Élodie, consultante RH

Élodie vise rapidement un chiffre d’affaires supérieur à 100 000 euros.

Elle sait qu’elle devra probablement dépasser les seuils de TVA dès les premières années.

La micro-entreprise reste intéressante pour démarrer, mais elle devra anticiper une évolution future.

Le véritable avantage : la liberté de tester

Le principal intérêt de la micro-entreprise n’est pas seulement fiscal.

C’est un outil de validation.

Elle permet de répondre à une question fondamentale :

Mon projet peut-il générer suffisamment de clients ?

Tant que cette question n’a pas trouvé de réponse, il est rarement nécessaire de construire une structure plus complexe.

Jusqu’à quand rester en micro-entreprise et quand changer de statut ?

Comprendre simplement l’intérêt de l’impôt sur les sociétés

L’une des principales raisons qui poussent certains entrepreneurs à quitter la micro-entreprise est la fiscalité.

Dans une micro-entreprise, l’administration considère qu’une partie du chiffre d’affaires représente vos dépenses professionnelles. Elle applique donc un abattement forfaitaire avant le calcul de l’impôt sur le revenu.

Le système est simple mais présente une limite : vos dépenses réelles ne sont pas prises en compte.

Prenons deux entrepreneures qui réalisent chacune 70 000 euros de chiffre d’affaires.

La première est consultante. Elle travaille depuis son domicile et dépense peu.

La seconde est artisan bijoutier. Elle achète des matières premières, du matériel et participe à des salons professionnels.

La première profite pleinement du régime micro.

La seconde pourrait être pénalisée car ses dépenses réelles sont supérieures à l’abattement prévu par l’administration.

Dans une entreprise individuelle au réel, une EURL ou une SASU, les dépenses réelles sont déduites avant le calcul de l’impôt.

Dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), le principe est le suivant :

  • chiffre d’affaires ;
  • moins les dépenses ;
  • moins les éventuelles rémunérations ;
  • égal bénéfice imposable.

L’impôt est alors calculé sur ce bénéfice.

Par exemple :

  • chiffre d’affaires : 120 000 € ;
  • dépenses professionnelles : 30 000 € ;
  • rémunération du dirigeant : 30 000 € ;
  • bénéfice restant : 60 000 €.

L’impôt sur les sociétés s’applique uniquement sur ces 60 000 €.

Ce mécanisme devient intéressant lorsque l’activité dégage des bénéfices importants ou lorsque l’entrepreneure souhaite laisser une partie des gains dans l’entreprise pour financer son développement.

Les limites réelles de la micro-entreprise

La micro-entreprise possède de nombreux avantages mais elle n’est pas adaptée à toutes les situations.

Les principales limites sont les suivantes :

  • impossibilité de déduire les dépenses réelles ;
  • plafonds de chiffre d’affaires ;
  • gestion de la TVA au-delà des seuils ;
  • difficultés pour accueillir des associés ;
  • image parfois moins adaptée à certains projets ambitieux.

Cependant, ces limites sont souvent surestimées.

Dans les faits, des milliers de consultants, graphistes, développeurs, formateurs, rédacteurs ou coachs exercent plusieurs années sous le régime de la micro-entreprise sans rencontrer de difficulté particulière.

Le statut devient réellement moins pertinent lorsque l’entreprise commence à franchir une nouvelle étape de développement.

Les signaux qui montrent qu’il est temps d’évoluer

Plusieurs situations doivent attirer votre attention.

Vos dépenses deviennent importantes

Si vos achats, investissements ou frais professionnels représentent plus de 30 à 40 % de votre chiffre d’affaires, il devient pertinent d’étudier un régime permettant leur déduction.

Vous approchez durablement des plafonds

Une entrepreneure qui réalise chaque année un chiffre d’affaires proche des plafonds du régime micro doit anticiper l’étape suivante.

Attendre le dernier moment est rarement une bonne stratégie.

Vous souhaitez embaucher

L’arrivée d’un salarié marque souvent un changement de dimension.

Même si la micro-entreprise autorise l’embauche, beaucoup d’entrepreneurs profitent de cette étape pour revoir leur structure juridique.

Vous souhaitez accueillir des associés

La micro-entreprise et l’entreprise individuelle sont des aventures solitaires.

Si vous envisagez un partenariat ou l’entrée d’un investisseur, la création d’une société devient généralement incontournable.

Vous cherchez à optimiser votre fiscalité

Lorsque les bénéfices deviennent importants, les arbitrages entre rémunération, dividendes, impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés prennent davantage d’importance.

C’est souvent à ce moment qu’un accompagnement par un expert-comptable devient particulièrement utile.

À retenir : quel statut choisir lorsqu’on entreprend seule ?

Lorsqu’une femme décide de créer seule son activité, elle est souvent confrontée à un paradoxe.

D’un côté, elle veut faire les choses sérieusement.

De l’autre, elle ignore encore combien de clients elle trouvera, quel chiffre d’affaires elle réalisera ou comment son projet évoluera.

Dans ce contexte, la meilleure stratégie consiste généralement à privilégier la simplicité.

Pour une freelance, une consultante, une créatrice de contenus, une coach, une rédactrice web, une graphiste, une créatrice de bijoux ou une artisan qui démarre, la micro-entreprise reste souvent le choix le plus pertinent.

Pourquoi ?

Parce qu’elle permet :

  • de créer rapidement son activité ;
  • de limiter les frais administratifs ;
  • de payer des cotisations uniquement lorsque du chiffre d’affaires est encaissé ;
  • de tester son marché sans risque excessif ;
  • de consacrer son énergie à la recherche de clients plutôt qu’à la gestion.

Il faut simplement surveiller deux éléments essentiels :

  • les seuils de TVA ;
  • les plafonds de chiffre d’affaires du régime micro.

Tant que ces limites restent compatibles avec votre activité et que vos dépenses professionnelles demeurent raisonnables, il n’existe souvent aucune urgence à changer de statut.

L’entreprise individuelle, l’EURL ou la SASU ne doivent pas être considérées comme des objectifs en soi.

Ce sont des outils qui deviennent pertinents lorsque l’entreprise grandit.

Autrement dit, mieux vaut une micro-entreprise qui facture régulièrement ses clients qu’une société parfaitement optimisée qui attend encore son premier contrat.

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