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Comptabilité, Entrepreneuriat au féminin

Reprise d’entreprise : de l’audit aux 100 premiers jours

Date de publication :

Reprendre une PME, c’est entrer dans une histoire qui a commencé sans vous. L’entreprise possède déjà ses clients, ses salariés, ses fournisseurs, ses méthodes de travail, ses habitudes et sa culture. Elle génère un chiffre d’affaires, paie des charges, signe des contrats et possède parfois une marque connue sur son marché. Pour une entrepreneure qui souhaite diriger sa propre activité, la reprise peut donc sembler moins incertaine qu’une création ex nihilo.

Mais acheter une entreprise qui fonctionne ne signifie pas acheter une entreprise sans risques.

Derrière un chiffre d’affaires en progression peuvent se cacher des marges qui diminuent. Une trésorerie confortable peut être temporaire. Quelques clients historiques peuvent représenter une part considérable des revenus. Des investissements importants peuvent avoir été repoussés. Le dirigeant qui vend peut, à lui seul, détenir une grande partie des relations commerciales et du savoir-faire de la société.

Puis vient la signature. La repreneuse devient dirigeante et doit immédiatement prendre des décisions, rassurer les équipes, préserver les clients, surveiller la trésorerie et commencer à rembourser les financements mobilisés pour l’acquisition.

Voilà pourquoi les premiers mois d’une reprise se préparent bien avant d’entrer officiellement dans le bureau de la direction. L’audit, le financement et le pilotage des 100 premiers jours ne constituent pas trois sujets indépendants. Ils forment les différentes étapes d’un même processus : comprendre l’entreprise que l’on achète pour savoir comment la diriger une fois la reprise réalisée.

Etape 1 de la reprise d’une PME: comprendre ce que vous achetez réellement

Reprendre une entreprise suppose de regarder au-delà des chiffres présentés dans le dossier de cession. Une repreneuse doit comprendre comment la PME gagne son argent, ce qui finance son fonctionnement quotidien et quelles fragilités pourraient apparaître après l’acquisition. C’est précisément dans cette phase que l’accompagnement stratégique d’un expert comptable pour repreneurs d’entreprises peut aider à analyser la situation financière de la société cible, à questionner les hypothèses du projet et à préparer les décisions qui suivront la reprise.

Derrière le chiffre d’affaires, rechercher la rentabilité réelle et la trésorerie

Le chiffre d’affaires est souvent le premier indicateur regardé par une candidate à la reprise d’entreprise. Il permet de mesurer la taille de l’activité et son évolution au cours des dernières années.

Mais il raconte une histoire très incomplète.

Une PME peut augmenter régulièrement ses ventes tout en voyant sa rentabilité se dégrader. Le prix des matières premières a peut-être progressé sans que l’entreprise répercute suffisamment cette hausse sur ses tarifs. Les coûts salariaux peuvent avoir augmenté. Certains produits ou services génèrent du chiffre d’affaires, mais très peu de marge.

La première question consiste donc à comprendre comment l’entreprise gagne réellement de l’argent.

Quels produits sont les plus rentables ? Quels clients génèrent les meilleures marges ? Certaines activités sont-elles maintenues par habitude alors qu’elles contribuent peu au résultat ? Les coûts sont-ils correctement maîtrisés ?

Il faut également regarder la capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie.

Une société rentable peut rencontrer des difficultés financières lorsque ses clients paient tardivement, lorsqu’elle doit constituer des stocks importants ou avancer de nombreuses dépenses avant d’encaisser ses ventes.

Le besoin en fonds de roulement, les délais de règlement, les niveaux de stock et l’évolution de la trésorerie doivent donc être analysés avec attention.

La repreneuse n’achète pas uniquement un résultat comptable. Elle reprend une organisation financière dont elle devra assurer l’équilibre dès le premier jour.

Auditer les comptes, les dettes et les engagements de l’entreprise

L’audit d’acquisition permet d’approfondir cette analyse.

Les bilans et comptes de résultat des derniers exercices constituent un point de départ, mais ils doivent être étudiés dans le détail et rapprochés de la réalité économique de l’entreprise.

La qualité des créances clients mérite, par exemple, une attention particulière. Une somme inscrite à l’actif du bilan n’a pas la même valeur si elle correspond à une facture récente ou à une créance impayée depuis dix-huit mois.

Les stocks doivent également être examinés. Certains produits sont-ils obsolètes ou difficiles à vendre ? Leur valorisation comptable correspond-elle encore à leur valeur économique réelle ?

Il faut ensuite identifier les dettes, les contrats en cours et les engagements susceptibles d’avoir un impact après la reprise. Emprunts, crédits-bails, contentieux, garanties accordées, contrats fournisseurs ou investissements nécessaires peuvent modifier considérablement l’équilibre du projet.

L’état du matériel constitue un autre point important. Une entreprise peut présenter des résultats satisfaisants parce que son dirigeant a repoussé plusieurs investissements. La repreneuse devra alors financer rapidement le remplacement de machines, de véhicules ou d’équipements informatiques.

L’objectif de l’audit n’est pas de chercher à tout prix des anomalies pour renoncer au projet. Il permet de savoir précisément ce que l’on achète et d’intégrer les risques identifiés dans la négociation et le plan de reprise.

Poser les questions que l’enthousiasme peut faire oublier

Reprendre une entreprise est aussi un projet personnel. On se projette dans le rôle de dirigeante, on imagine les évolutions possibles et les projets que l’on pourra développer.

Cet enthousiasme est nécessaire. Mais il peut conduire à sous-estimer certaines questions.

Pourquoi le dirigeant vend-il réellement son entreprise ? La société est-elle très dépendante de sa présence ? Qui entretient les relations avec les principaux clients ? Certaines compétences essentielles reposent-elles sur une ou deux personnes ?

Il faut aussi analyser la concentration du portefeuille commercial. Une entreprise dont 40 % du chiffre d’affaires dépend d’un seul client présente un risque différent d’une PME disposant de plusieurs centaines de clients réguliers.

La qualité de l’équipe mérite également d’être étudiée. Quels salariés possèdent les compétences clés ? Existe-t-il des difficultés de recrutement ? Quel est le climat social ? Des départs sont-ils prévisibles ?

Enfin, il faut comprendre les outils de gestion existants. La PME dispose-t-elle de tableaux de bord fiables ? Peut-elle suivre précisément ses marges, sa trésorerie et la rentabilité de ses activités ?

Ces questions permettent déjà de préparer les premières décisions qui devront être prises après la signature.

Acheter au bon prix ne suffit pas : le plan de financement pour assurer la suite

Réussir une reprise ne consiste pas uniquement à négocier une valorisation intéressante. Encore faut-il construire un montage financier que la repreneuse et l’entreprise pourront supporter dans la durée.

Construire un plan de financement qui ne fragilise pas la PME

Le prix d’acquisition attire naturellement une grande partie de l’attention.

Pourtant, ce n’est qu’une partie des besoins financiers du projet.

La reprise peut nécessiter le paiement de frais de conseil et de transaction, la constitution d’une trésorerie de sécurité ou le financement d’investissements rapidement indispensables.

Il faut également tenir compte du fonctionnement normal de l’entreprise. Les salaires, les fournisseurs, les loyers, les charges fiscales et sociales continuent d’être payés pendant la transition.

Si l’acquisition est financée en partie par emprunt, les remboursements viennent s’ajouter à cet équilibre.

La question essentielle devient alors : l’activité future permettra-t-elle de financer le fonctionnement de la PME, les investissements nécessaires et la dette d’acquisition ?

Un montage trop tendu peut placer la nouvelle dirigeante sous pression dès les premiers mois.

La qualité du projet de reprise dépend donc aussi de la marge de sécurité financière dont dispose l’entreprise pour absorber un imprévu ou une baisse temporaire de l’activité.

Tester plusieurs scénarios avant de signer

Un prévisionnel financier repose toujours sur des hypothèses.

Le chiffre d’affaires progressera de 5 %. Les principaux clients resteront fidèles. Les marges seront maintenues. Les investissements prévus suffiront.

Mais une reprise d’entreprise ne se déroule jamais exactement comme prévu.

Il est donc indispensable de construire plusieurs scénarios.

Que se passe-t-il si le chiffre d’affaires diminue de 10 % pendant la première année ? L’entreprise peut-elle continuer à rembourser sa dette ?

Que se passe-t-il si le principal client réduit ses commandes ? Si le coût des matières premières augmente ? Si un équipement important doit être remplacé six mois après la reprise ?

Ces simulations permettent de mesurer la résistance financière du projet.

Elles aident aussi la repreneuse à définir ses seuils d’alerte. Elle saura ainsi à partir de quel niveau de baisse du chiffre d’affaires, de dégradation de la marge ou de tension sur la trésorerie elle devra agir.

Dans cette phase, l’expert-comptable joue un rôle particulièrement utile. Il ne s’agit pas seulement de valider les hypothèses de la repreneuse, mais aussi de les confronter à des scénarios moins favorables.

Un bon conseil n’est pas celui qui confirme systématiquement que le projet va fonctionner. C’est celui qui permet de comprendre dans quelles conditions il restera viable.

Transformer les conclusions de l’audit en feuille de route

L’audit ne doit pas terminer sa vie dans un dossier rangé après la signature.

Chaque fragilité identifiée doit devenir un sujet de pilotage pour les premiers mois.

Si trois clients représentent la moitié du chiffre d’affaires, la diversification commerciale devra figurer parmi les priorités.

Si les marges diminuent, il faudra analyser les prix de vente, les achats et la rentabilité des différentes activités.

Si le besoin en fonds de roulement est élevé, la nouvelle dirigeante devra travailler sur les stocks, les délais de règlement des clients ou les conditions négociées avec les fournisseurs.

Si l’entreprise dépend fortement du cédant, il faudra organiser la transmission des relations commerciales, des compétences et des informations stratégiques.

Cette démarche change profondément la manière d’aborder les premiers mois.

La repreneuse ne découvre pas progressivement les problèmes. Elle dispose déjà d’une cartographie des points de vigilance et peut construire un plan d’action.

C’est ici que se crée la continuité entre l’audit et les 100 premiers jours.

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Les 100 premiers jours après la reprise : piloter avant de vouloir tout transformer

La signature marque un changement de propriétaire, mais elle ne transforme pas instantanément l’entreprise. Les équipes continuent de travailler, les clients passent leurs commandes et les fournisseurs doivent être payés. Pour la nouvelle dirigeante, l’enjeu consiste d’abord à comprendre, observer et sécuriser avant de lancer de grandes transformations.

Construire rapidement un tableau de bord adapté à la PME

Les premiers mois d’une reprise produisent une quantité considérable d’informations.

La repreneuse rencontre les salariés, découvre les clients, analyse les produits, observe les processus et commence à prendre des décisions.

Sans outils de pilotage, elle risque de diriger uniquement en fonction des urgences.

Il faut donc mettre rapidement en place un tableau de bord limité à quelques indicateurs réellement utiles.

La trésorerie disponible doit être suivie avec attention, tout comme les encaissements attendus, les factures clients en retard et les principales dépenses à venir.

Le chiffre d’affaires doit être analysé en parallèle de la marge. Une progression des ventes n’est intéressante que si elle contribue réellement à la rentabilité.

Selon l’activité, il peut également être pertinent de suivre le carnet de commandes, les stocks, le taux d’utilisation des équipements ou la rentabilité par produit, chantier ou client.

L’objectif n’est pas de produire des dizaines de tableaux.

Un bon tableau de bord doit permettre à la dirigeante de comprendre rapidement ce qui évolue et d’identifier les écarts qui nécessitent une décision.

Préserver la trésorerie pendant une période de transition

Les premiers mois peuvent créer des tensions financières inattendues.

Certains clients retardent leurs commandes dans l’attente de voir comment évolue l’entreprise. Des investissements deviennent nécessaires. Des salariés quittent la société et doivent être remplacés.

Parallèlement, les échéances financières liées à l’acquisition commencent à peser.

La trésorerie devient alors l’un des principaux indicateurs à surveiller.

La repreneuse doit connaître les encaissements prévus, les dépenses importantes à venir et les marges de sécurité disponibles.

Un prévisionnel de trésorerie régulièrement actualisé permet de détecter une tension plusieurs semaines ou plusieurs mois avant qu’elle ne devienne critique.

Cette anticipation laisse du temps pour agir : accélérer les relances clients, négocier certains délais, reporter une dépense non prioritaire ou rechercher une solution de financement adaptée.

Savoir quand agir et quand observer

Une nouvelle dirigeante arrive généralement avec des idées.

Elle souhaite moderniser les outils, réorganiser les équipes, modifier les prix, développer de nouveaux marchés ou changer certaines méthodes de travail.

Cette énergie est précieuse.

Mais vouloir tout transformer immédiatement peut déstabiliser une entreprise que l’on ne connaît pas encore suffisamment.

Certaines urgences identifiées pendant l’audit nécessitent une action rapide. Une trésorerie fragile, une marge insuffisante ou la dépendance à un client important ne peuvent pas être ignorées.

D’autres sujets méritent davantage d’observation.

Pourquoi cette procédure apparemment complexe existe-t-elle ? Pourquoi les clients sont-ils attachés à un service peu rentable ? Pourquoi certaines décisions passent-elles systématiquement par un salarié particulier ?

Les réponses ne figurent pas toujours dans les comptes.

Le rôle de la repreneuse consiste donc à trouver le bon équilibre entre continuité et transformation. L’expert-comptable, grâce à sa connaissance des chiffres et à son regard extérieur, peut l’aider à distinguer les décisions urgentes des changements qui gagneraient à être préparés.

Reprendre une PME : choisir un expert-comptable capable de vous accompagner avant et après la signature

La réussite d’une reprise d’entreprise ne se joue pas uniquement le jour où le contrat de cession est signé.

Elle commence plusieurs mois auparavant, lorsque la repreneuse analyse les comptes, cherche à comprendre le modèle économique, identifie les risques et construit son financement.

Elle se poursuit immédiatement après l’acquisition, lorsqu’il faut préserver la trésorerie, suivre les résultats, rassurer les équipes et transformer les conclusions de l’audit en décisions concrètes.

C’est précisément pour cette raison que le choix de l’expert-comptable mérite une attention particulière.

Avant la signature, il aide la repreneuse à analyser les données financières, à identifier les fragilités de la société cible, à tester les hypothèses et à mesurer la capacité de l’entreprise à financer son développement et la dette liée à l’acquisition.

Après la reprise, il peut contribuer à construire les outils de pilotage, actualiser les prévisions, suivre la trésorerie et apporter un regard extérieur sur les premières décisions stratégiques.

La continuité de cet accompagnement représente un véritable atout. L’expert-comptable qui connaît les forces et les fragilités identifiées pendant l’audit est particulièrement bien placé pour aider la nouvelle dirigeante à suivre leur évolution au cours des premiers mois.

Car reprendre une PME ne consiste pas seulement à devenir propriétaire d’une entreprise existante. Il faut apprendre à la comprendre, à la piloter et, progressivement, à lui donner une nouvelle direction.

Les 100 premiers jours ne commencent donc pas le lendemain de la signature. Ils se préparent dès les premières analyses de l’entreprise que vous envisagez de reprendre.

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