Selon le baromètre de l’entrepreneuriat féminin publié en mars 2024 par la Direction générale des Entreprises, avec Bpifrance et l’Ifop, 39 % des créations d’entreprises sont portées par des femmes sur la période 2018-2022. Pour celles qui dirigent une petite structure et gèrent elles-mêmes leur relation client, le SMS permet de rester présente auprès de la clientèle en quelques minutes, à condition de respecter le cadre légal et de soigner le contenu.
Pourquoi le SMS convient-il à une entrepreneuse qui gère seule sa relation client ?
Le SMS permet de joindre une clientèle en quelques minutes et remplace une partie des appels et des relances manuelles, ce qui compte lorsqu’on assume seule la vente, la production et l’administration. Il convient aux messages courts, datés et qui appellent une réaction rapide : rappel de rendez-vous, ouverture d’une vente privée, place libérée pour un atelier.
Cet usage concerne de nombreuses activités. D’après l’Insee, les femmes ont créé en 2018 70,3 % des entreprises individuelles du secteur des autres services aux ménages et 74,5 % de celles de la santé humaine et de l’action sociale, des secteurs où la relation avec la clientèle est directe et régulière.
L’e-mail reste préférable pour les contenus longs ou illustrés, comme une newsletter ou un catalogue. Côté budget, chaque éditeur applique ses propres modalités : facturation au message, lots de crédits ou abonnement. Comparez le prix par message vers la France et les conditions de recharge avant de choisir. L’appel téléphonique demeure l’alternative qui prend le plus de temps.
Comment réussir un envoi de SMS en masse auprès de ses clientes en quatre étapes ?
Pour réussir un envoi de SMS en masse, suivez quatre étapes : constituer une liste avec accord, choisir le but du message, le rédiger et programmer l’envoi après un test.
1. Constituer la liste : recueillez le numéro avec l’accord explicite de la cliente, à la réservation, en boutique, à la fin d’un atelier ou sur un formulaire en ligne doté d’une case non précochée.
2. Choisir le but du message : annoncer une nouveauté, rappeler un rendez-vous ou inviter à un événement, mais pas les trois à la fois.
3. Rédiger le message : bref, signé du nom de l’entreprise et accompagné d’un moyen de refuser les envois.
4. Programmer l’envoi : retenez un horaire raisonnable, ni au petit matin ni tard le soir, puis envoyez d’abord le message à votre propre téléphone pour contrôler l’affichage et le lien.
Distinguez si possible vos clientes régulières de vos nouvelles inscrites. Les premières apprécient une avant-première ou un rappel personnalisé, les secondes un message de bienvenue qui annonce ce qu’elles recevront et à quel rythme.
Comment rédiger un SMS qui ressemble à son entreprise ?
Un SMS efficace réunit quatre éléments : le nom de l’entreprise en début de message, l’information utile, une action claire et le moyen de ne plus recevoir de messages. Exemple : « Atelier Camille : notre prochaine collection est en avant-première jeudi pour nos clientes inscrites. Détails : lien court. Pour ne plus recevoir nos SMS, [mention de désinscription]. »
Gardez le ton que vos clientes reconnaissent déjà en boutique ou sur vos réseaux : pas de majuscules criardes, pas de points d’exclamation en série, et peu d’abréviations qui nuisent à la lisibilité.
Quel cadre légal respecter pour envoyer des SMS commerciaux ?
Auprès d’un particulier, un SMS commercial suppose un accord préalable, comme l’e-mail de prospection : le Conseil d’État a jugé en 2015 que les SMS relèvent de la notion de courrier électronique, ce qui leur rend applicable l’exigence de consentement.
Auprès d’une professionnelle, l’accord préalable n’est pas exigé. Elle doit toutefois être informée et pouvoir refuser simplement et gratuitement, et le message doit avoir un lien avec son activité. Une exception existe pour vos clientes : vous pouvez leur proposer des produits ou services analogues à ceux qu’elles ont déjà achetés, mais un simple compte créé sans achat ne suffit pas.
Dans tous les cas, le message doit identifier l’expéditeur, et le moyen de s’opposer doit être gratuit, effectif et indiqué dans le SMS lui-même. Conservez aussi la trace de chaque accord : la date, la source de l’inscription et le texte accepté. En cas de contestation, c’est à l’entreprise de démontrer que le consentement a bien été donné.
Peut-on utiliser une liste récupérée dans un réseau, un salon ou chez un partenaire ?
Ces contacts ne vous donnent pas automatiquement le droit de leur écrire. Dans une affaire jugée par le Conseil d’État le 23 mars 2015, une société avait acheté un fichier de particuliers sans que leur consentement ait été recueilli ni que la cession leur ait été signalée. La CNIL lui avait infligé une amende de 20 000 euros, que la juridiction a jugée proportionnée. Avant d’utiliser une liste venue d’ailleurs, exigez la preuve que les personnes ont accepté de recevoir des messages.
Comment mesurer les résultats d’un envoi et ajuster la fréquence ?
Un envoi se mesure avec trois repères : les clics sur le lien, l’utilisation d’un code promotionnel propre au SMS et les demandes de désinscription. Créez un code dédié, par exemple le nom de la vente privée, pour savoir combien de ventes viennent du message.
Si les désinscriptions augmentent après un envoi, le rythme est trop soutenu ou le contenu peu utile. Commencez par un envoi par mois et n’accélérez que si les réactions restent bonnes. Tenez un petit journal : date, texte, nombre de destinataires, clics et utilisations du code. Au bout de quelques campagnes, il montre quels jours et quelles formulations fonctionnent le mieux auprès de votre clientèle.
Quatre erreurs reviennent souvent chez les petites structures.
- Envoyer sans accord préalable.
- Oublier le moyen de refuser les envois.
- Écrire un message trop long ou sans action à accomplir.
- Relancer trop souvent les mêmes contacts.
