Être à la fois mère, entrepreneuse et parfois salariée, c’est jongler en permanence avec des priorités qui semblent toutes urgentes. Dans ce contexte, les vacances passent souvent au second plan. On reporte, on réduit, on finit par ne pas partir. Pourtant, le temps de déconnexion n’est pas un luxe : c’est une nécessité pour tenir sur la durée, préserver sa créativité et être pleinement présente, autant pour ses enfants que pour son activité.
Voici un guide pratique pour les mompreuneres qui souhaitent partir en vacances sans sacrifier leur équilibre financier ni leur sérénité professionnelle. Pour les salariées qui bénéficient de cet avantage via leur employeur, les Chèques-Vacances de l’ANCV constituent un levier budgétaire précieux à ne pas négliger.
La culpabilité de partir : un frein plus courant qu’on ne le croit
Beaucoup de mompreuneres avouent ressentir une forme de culpabilité à l’idée de prendre des vacances. Culpabilité vis-à-vis des clients (« est-ce que mon activité va s’arrêter ? »), culpabilité vis-à-vis des enfants (« est-ce que je serai vraiment présente ou vais-je encore vérifier mes mails ? »), culpabilité vis-à-vis d’elles-mêmes (« est-ce que j’ai vraiment le droit de me reposer ? »).
Ces pensées sont compréhensibles mais contre-productives. Le repos est une composante de la performance à long terme. Les recherches sur le burnout entrepreneurial montrent que les périodes de déconnexion complète permettent de revenir avec davantage d’énergie, de recul et de créativité. Se donner la permission de partir, c’est aussi décider d’investir dans sa propre durabilité.
✏️ Le conseil de Les Pionnières : Si la culpabilité de partir vous pèse, essayez de reformuler les vacances comme un investissement dans votre performance future, et non comme du temps perdu. Notez concrètement, avant de partir, deux ou trois idées que vous souhaitez mûrir pendant cette période de recul.
Préparer sa déconnexion professionnelle avant de partir
La clé d’une vacances sereine pour une entrepreneuse, c’est l’anticipation. Voici les réflexes à adopter dans les semaines qui précèdent le départ :
• Informer ses clients et partenaires de son absence avec suffisamment d’avance (au moins deux semaines pour les clients réguliers) en précisant les dates et les modalités de contact pour les urgences réelles.
• Mettre en place un message d’absence automatique sur sa messagerie avec un contact de redirection si nécessaire.
• Terminer ou déléguer les projets dont la deadline tombe pendant l’absence, plutôt que d’y revenir mentalement chaque jour.
• Définir clairement ce qui constitue une vraie urgence nécessitant une réponse et communiquer cette limite à son entourage professionnel.
Cette préparation libère l’esprit avant même le départ et crée les conditions d’une déconnexion réelle une fois sur place.
💡 Le saviez-vous ? La déconnexion numérique pendant les vacances est reconnue comme un facteur de récupération cognitive. Une étude menée par l’université de Tampere (Finlande) a montré que les salariés qui se déconnectent totalement pendant leurs congés reviennent avec des niveaux de créativité et de concentration mesurables supérieurs à ceux qui restent partiellement connectés.
L’organisation logistique : la partie souvent sous-estimée
Partir en vacances avec des enfants demande une organisation que les entrepreneures à leur compte gèrent souvent seules. Réservations, préparation des valises, gestion des activités sur place : autant de tâches qui s’ajoutent à la fermeture temporaire de l’activité.
Quelques principes qui simplifient la logistique :
• Réserver tôt, surtout en haute saison, pour ne pas subir la pression de dernière minute qui pousse à surpayer ou à choisir par défaut.
• Choisir des hébergements proposant des services adaptés aux familles (cuisine équipée pour les petits-déjeuners, activités enfants sur place) pour réduire la charge mentale sur place.
• Préparer un programme souple avec des activités choisies en commun avec les enfants, pour que les vacances soient vraiment partagées.
Le budget vacances : les ressources à mobiliser
Le coût des vacances est souvent l’un des premiers obstacles cités par les mompreuneres. Entre la basse et la haute saison, les tarifs des hébergements peuvent varier du simple au double. Quelques leviers permettent de maîtriser la dépense sans sacrifier la qualité du séjour.
Si vous êtes également salariée (en portage, en alternance ou dans une structure que vous dirigez en tant que gérante salariée), vérifiez si vous bénéficiez des Chèques-Vacances de l’ANCV via votre employeur ou votre CSE. Ces titres de paiement sont utilisables dans plus de 115 700 enseignes du tourisme et des loisirs en France : hébergements, transports, restaurants partenaires et activités. Leur durée de validité de deux ans en plus de l’année d’émission permet de les accumuler sur plusieurs campagnes avant de les utiliser.
Pour les entrepreneures qui emploient des salariées, mettre en place les Chèques-Vacances dans leur structure est également une façon de valoriser leur politique sociale vis-à-vis de leurs collaboratrices. Le dispositif est accessible dès le premier salarié et bénéficie d’un régime fiscal avantageux.
💡 Le saviez-vous ? Les Chèques-Vacances de l’ANCV ne peuvent pas être utilisés directement à l’étranger. En revanche, ils sont acceptés auprès d’agences de voyages partenaires basées en France, qui proposent des forfaits pour des destinations internationales. Une bonne façon de financer un voyage à l’étranger tout en utilisant ses titres.

Choisir une destination qui correspond à son rythme
Pas besoin de traverser le monde pour vraiment décompresser. Beaucoup de mompreuneres témoignent que les meilleures vacances sont celles où le rythme est calme, les activités peu contraignantes et les enfants heureux. La France regorge de destinations adaptées : bord de mer accessible, montagne en été, campagne avec des activités nature.
Le voyage à l’étranger reste possible, notamment via les agences de voyages partenaires de l’ANCV basées en France, qui permettent d’utiliser ses titres pour financer des forfaits internationaux. Une option à explorer pour celles qui rêvent de changer d’horizon sans renoncer à leur budget.
✏️ Le conseil de Les Pionnières : Pensez à impliquer vos enfants dans le choix de la destination ou de certaines activités. Cette co-construction du programme réduit les négociations sur place et renforce le sentiment de vacances vraiment partagées. Et quand les enfants sont heureux, la mère peut souffler.
Reprendre sereinement après les vacances
Le retour de vacances est souvent redouté, mais il peut être géré avec méthode. Prévoir une journée de transition entre le retour physique et la reprise de l’activité évite le choc de la réentrée. Ce jour de décompression permet de trier les messages, de reprendre ses notes et de définir les deux ou trois priorités de la première semaine.
Les entrepreneures qui ont pris ce temps de recul reviennent généralement avec des idées nouvelles et une énergie renouvelée. Les vacances ne sont pas du temps volé à l’activité : elles en font partie.
S’accorder des vacances, c’est un acte de gestion, pas d’abandon. C’est décider que sa durabilité compte et que pour continuer à tout donner, il faut aussi savoir se ressourcer.
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